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A quels fins, les usurpateurs s’emparent de vos données?

Quels sont les différents profils d'usurpateurs ?

A travers l’accompagnement de victimes d’usurpations d’identité notre fondateur a identifié deux profils d’usurpateurs:

1) L’usurpation d’identité aux fins d’escroquerie

L’usurpateur qui souhaite accéder à des services ou obtenir indûment des avantages est le plus fréquent. Il obtient vos documents d’identité pour faire plusieurs choses:

– Obtenir un crédit à la consommation: de nombreux organismes acceptent de financer des achats de matériels informatiques en plusieurs fois. L’usurpateur se rend dans un magasin et demande à payer une télévision, un ordinateur,… en plusieurs fois. Il va transmettre vos coordonnées et vos documents pour contracter un crédit. Etant donné qu’il n’a absolument pas l’intention de payer, il ne sera jamais inquiété et disparaitra vous laissant avec la dette à rembourser.

– Obtenir un crédit bancaire: La numérisation a rendue l’accès aux services bancaires beaucoup plus facile et rapide. En effet, sans même avoir à rencontrer un interlocuteur, il est aujourd’hui possible d’obtenir un crédit bancaire. Avec des justificatifs fabriqués de toute pièce, sauf les documents d’identité qui eux sont souvent vrais, un usurpateur escroque les banques et disparait en vous laissant la note. Lorsqu’il arrête de rembourser vous vous retrouver en interdiction bancaire. Ce fichage est difficile à enlever et peut évidemment ralentir tout projet de crédit que la victime envisageait…

– Location de véhicules: De nombreux organismes de crédits garantissent la location de véhicule chez les concessionnaires. En mai 2021, notre fondateur a accompagné 3 victimes qui sont poursuivies suite à la location d’un véhicule à leur nom. L’usurpateur a fait disparaitre le véhicule et les victimes doivent rembourser des sommes allant jusqu’à 80 000 euros. Les procédures pour prouver leur innocence peuvent durer plusieurs années…

– Perpétrer des faits de délinquance: Une carte d’identité volée ou perdu peu servir à des usurpateurs, pour justifier de leur identité lors d’un contrôle. Un proche du fondateur recevait des amendes à son nom car l’usurpateur utilisait son document lors de contrôles à la SNCF et RATP. Mais cela peut évidemment aller plus loin, des véhicules sont immatriculés au nom de victimes qui reçoivent des amendes à leur noms. Le pire scénario vu est un véhicule ayant servi pour un braquage au nom d’une victime.

– Obtenir des aides sociales: Les aides sociales auprès des organismes tels que la Caisse d’allocation familliale et la sécurité sociale sont convoitées par les usurpateurs. Avec l’arrivée du Covid, les organismes sociaux étaient débordés car beaucoup sollicité, ce qui a permis à des personnes peu scrupuleuse d’en profiter.

2) L’usurpation d’identité aux fins de s’installer dans l’identité de la victime


Ce cas d’usurpation d’identité est le plus difficile a déceler. Un usurpateur obtient un maximum d’informations sur sa victime afin d’obtenir un extrait de naissance. Cet extrait de naissance est le premier document qui lui permettra d’obtenir une carte d’identité. Une fois obtenue, l’usurpateur va vivre « paisiblement » avec l’identité de sa victime.

Il s’agit du pire scénario, pour une victime car elle va vivre pendant des années avec un alter égo. Il est arrivé que des victimes apprennent que l’usurpateur est déjà marié avec son identité. Ce qui implique qu’il n’est pas possible pour la victime de se marier.

Ce type d’usurpation est rendu de plus en plus difficile par l’administration. En effet, désormais les citoyens auront leurs données biométriques dans la nouvelle carte d’identité au format carte bancaire. Théoriquement, il ne sera donc plus possible pour un usurpateur d’obtenir un nouveau document d’identité.

Qui sont les victimes d’usurpation d’identité et de la fraude?


Premièrement, il est important de préciser que PERSONNE n’est à l’abri de la fraude. Le fait de perdre un document d’identité, se le faire voler, ne pas protéger ses mails peut arriver à tout le monde. Les victimes ne sont pas (comme pourraient penser certains) des personnes négligentes. Il faut absolument s’enlever cette idée de la tête.

Deuxièmement, s’il est évident que des citoyens peuvent être victimes d’usurpation d’identité, désormais des entreprises le sont également.

Les usurpateurs utilisent le phishing (ou hameçonnage) pour récupérer des données personnelles des citoyens. La méthode consiste à utiliser le logo d’entreprises connues (organismes bancaires, fournisseur d’énergie, opérateur téléphonique) pour obtenir les données personnelles des citoyens. C’est une forme d’usurpation de l’identité d’une entreprise.

Retrouvez notre article sur le phishing: https://community.idprotect.fr/2-conseils-pour-se-prevenir-du-phishing/

Troisièmement, il est important de prendre conscience des conséquences d’une usurpation. Les personnes physiques dont l’identité a été usurpée sont poursuivies par les créanciers de l’usurpateur. Etant donné qu’elles sont les seules personnes vers qui les créanciers peuvent se retourner, elles doivent pendant des années prouver leur innocence.

Lorsqu’elles sont fichées à la banque de France, des projets de vie peuvent être mis en pause comme l’acquisition d’une maison ou autre… De même leur réputation est mise en cause car elles sont souvent considérées comme des « voleurs » jusqu’à ce qu’elles arrivent à prouver qu’elles n’y sont pour rien.

La charge morale est très importante car elles doivent faire des recherches pour retrouver l’ensemble des crédits pris à leur nom. Elles doivent également se battre souvent seules face aux créanciers. Le sentiment de honte et d’isolement est très fort chez les victimes. Il est important de les soutenir et de leur venir en aide.

Enfin, les professionnels sont victimes des usurpateurs par ricochet. Par le biais de l’utilisation frauduleuse d’une identité, les entreprises subissent un préjudice matériel à cause des escroqueries. Des véhicules qui disparaissent, de l’argent prêté qu’elles ne récupéreront jamais. Des frais de procédures engagée contre des victimes…

L’Etat est également victime de la fraude. Après un rapport parlementaire ayant conclu en novembre 2019 à « l’impossibilité matérielle » du chiffrage de la fraude sociale, le Sénat a commandé une enquête sur le montant de la fraude sociale à la Cour des comptes.

Un milliard d’euros : c’est le montant de la fraude aux organismes sociaux détectée en 2019, selon le rapport de la Cour des comptes. « En 2019, les principaux organismes sociaux ont détecté un milliard d’euros de préjudices subis ou évités au titre de fraudes avérées ou suspectées », dévoile la Cour des comptes dans un communiqué de presse. « Les fraudes détectées se concentrent sur le revenu de solidarité active (RSA), la prime d’activité et les aides au logement pour les caisses d’allocations familiales (CAF), les professionnels de santé et les établissements de santé pour les caisses primaires d’Assurance maladie, le minimum vieillesse pour les caisses de retraite, les reprises d’activité non déclarées pour Pôle emploi », précisent les sages de la rue Cambon.

Il est nécessaire de lever le bouclier contre la fraude et l’usurpation d’identité. A ce jour, il est possible d’agir, ne laissons pas les choses se faire, il faut prendre part à l’initiative ID Protect pour protéger les citoyens, mais aussi les professionnels.